14 nov. 2007

On est wanted depuis la naissance


J’ai failli crever de faim ces derniers jours. Problème de transactions financières Versailles / Copenhague. J’imaginais déjà les titres des journaux chez vous en France « Un étudiant français mort de faim au Danemark » ça aurait vraiment été la tristesse ; un peu comme quand Aimé croit qu’il va mourir à cause d’un empoisonnement aux champignons dans H : « Allez ciao putain… ». Voyant le truc venir, sachant quand mon argent tomberait et voyant mon frigo désespérément vide j’ai cherché des moyens de me nourrir. Le premier truc connu ici c’est de ramasser les canettes et bouteilles de bières. Alors je l’ai fait, à chaque soirée en skred quand tout le monde était déchiré j’ai récolté les cans et les ai foutues dans mon sac. Mais ça faisait pas assez, alors je suis parti de chez moi un soir avec mon sac à dos et trois sacs de courses, j’ai fait ça de nuit pour pas me taper la honte. Enfin je suis allé au Netto pour échanger ma marchandise contre du gros gen gen, mais en fait c’était du tout petit gen gen, j’avais récupéré que 32 putain de kroner.

J’ai cherché autre chose donc et c’est imprégné de culture versaillaise que j’ai commencé à faire la manche. Mais une manche classe attention, pas une manche de pédé. J’ai posté des petits mots dans toutes les mailbox de ma neighbourhood le message était simple : “I’m a Parisian student in Denmark and because of a money transfer problem I am in need of food, I’ll make a collection of food tomorrow, be ready to give!”. Le lendemain je suis passé. On m’a claqué cinq fois la porte au nez, une fois des ados m’ont filé des légumes surgelés parce que leurs renp’s n’étaient pas là. J’arrive devant la maison suivante, la mère de famille me lâche trois bonbons, des réglisses. Je lui dis putain mais j’aime pas les réglisses, je crève la dalle tu comprends ?! Elle me répond qu’elle n’a que ça, je l’engueule, son mari rapplique, s’en mêle, je le pousse, cet enfoiré me met une branlée (j’avais perdu du poids). En me barrant je ramasse deux caillasses dans leur jardin et les balance contre leurs vitres, puis trace en courant comme un lâche.

Le ventre troué je décide de rentrer en délinquance. J’ai arraché des vieilles. La pire délinquance, la délinquance minable, crasseuse quoi. En le faisant je flippais encore plus que les vieilles peaux que je braquais mais bon. J’ai tiré quatre sacs à main en tout, la dernière j’ai un peu dérapé cette teubée lâchait pas son sac merdique alors je l’ai poussée, elle a pas trouvé mieux que de tomber sur le pavé et de saigner du crâne en chialant. Résultat des courses : 560 kroner. Ca me suffisait largement mais j’ai pris goût au truc, une nuit j’ai balancé de gros caillasses sur la vitrine d’une pompe à essence, mais la vitre était doublée du coup en insistant j’ai fait trop de bruit ; au moment où je réussis à rentrer je m’ouvre le mollet sur des bouts de vitre, une alarme retentit, j’entends la-sirène-des-flics-à-l’Américaine, je décide de partir sans demander mon reste, mais en boitant et tachant mes Fred Perry quoi.

Depuis j’ai reçu ma thune j’ai fait mes courses bref tout est rentré dans l’ordre. Avec la thune des mamies ben je m’enchaîne Burger King sur Burger King et d’ailleurs, je commence à avoir un peu mal au ventre. « Essayer d’être riche en trichant » (Booba).


ALB - CV 209


ps : dorénavant je mettrai la source de mon titre de post ; ça évitera les scandales et surtout je me persuade que ça donnera du style.
(*Booba - Interview Couvre-feu avant clash contre Sinik)

9 nov. 2007

Les yeux bleus à cause des gyrophares


Hier, on se l’est jouée Danois. On a foncé på Netto s’acheter un pot de gel fixation béton. On est rentrés se préparer, sur le chemin on a croisé des petits tecktonik plus blonds que de la Turborg en pack de 6. On a bien étudié leur dégaine, puis on a racketté leurs sappes.


Hvad hedder du ?
(« Tu t’appelles comment ? »)
Kasper (“Kasper”)
Okay, you have good music in your cellphone? (“T’as du gros son de taulard dans ton 06 ?”)
Huh…Ja ?... (“Heu… ouais ?...”)
José ne loupant jamais une occaz de se la jouer ghetto a conclu subtilement :
Okay so you gon’ give it to us mutha fucka! (“Dans ce cas on va se permettre de te l’emprunter”)


On s’est habillés pour sortir. Pour l’ambiance on a mis un peu de musique : Gala, Cher et Eiffel 65 à fond. J’ai mis un jeans blanc bien slim, j’étais vilain dedans avec mes jambes rachitiques et mon mètre quatre-vingt dix. J’ai mis des Reebok montantes blanc sale, en prenant soin de laisser dépasser la languette ; on l’a fait à la Danoise. J’ai mis la ceinture de Kasper, noire avec des clous, puis un tee-shirt moulant noir avec écrit dessus en rose fluo « Garde la pêche » (en Danois), enfin un sweater à capuche noir, pour alterner avec le jeans. Une fois tous sappés on est passés à la salle de bain. On a mis des bandanas autour de nos cous. Flavius et Ansgar ont les cheveux courts, ces salauds ont pu se faire une crête bien huileuse. Avec ma coupe j’ai pu tenter le Super Banco comme sur Inter : mèche plaquée sur le front par une fiévreuse couche de gel, cheveux à l’avant du crâne aussi plaqués qu’un rabzouz par un flic ou que moi par Micheline en 5e. À l’arrière du crâne, cheveux en l’air avec des pics. Ce qu’on n’avait pas prévu c’est qu’on aurait l’air con dans des fringues rackettées à des gamins de 17 ans.


Bref on a pris le train pour København (Copenhague) en tisant des Tuborg. Dans les bandes de jeunes Danois, y en a toujours un seul qui est maqué. Le mec sérieux. J’étais celui-là, mes potes étaient des Danois lambda, des mecs qui partent à la chasse juste pour un soir. Flavius et moi avons trébuché en descendant sur le quai, mon slim blanc a glissé découvrant mon boxer vert pomme acheté chez Urban Outfitter. Sur le chemin vers Culture box on a bu les bouteilles de Sonelli en écoutant la musique des portables chourrés aux chiards. On a passé une demi-heure dans la boite assis en bande autour d’une table basse à se faire violence en ingurgitant une bouteille de vodka. Danmark en nous. Des meufs nous jetaient des regards furtifs, j’ai vu mes potes faire pareil. Au bout d’une deuxième demi-heure, à la Danoise, Ansgar a fait semblant de bousculer Annette, une meuf de l’Université de Copenhague-la-classe. Ils ont passé Slagsmålsklubben, on a dansé et crié comme des vierges et j’ai improvisé quelques pas et mouvements de tecktonik. Ensuite on s’est fait chier. On a décidé de se barrer, Ansgar et Flavius bredouille comme les ¾ des Danois un samedi matin à 3h. José est resté avec Annette. On a loupé le dernier train pour Roskilde, on a dormi deux heures sur les bancs gelés de la gare. Mais en rentrant à Trekroner, la Politi nous attendait. Les petits tecktonik nous avaient balancés, on devient pas Danois comme ça.


Kasper Bjørke - Doesn't Matter

6 nov. 2007

Dédicasse à Bertrand Cantat


On a vu Scarface avec mon amoureuse. Le film dont Nico-mon-pote-du-94 me parle depuis qu’on se connaît, le film auquel 90% des morceaux de rap français font référence. Ca m’a pas marqué sur le coup, mais trois jours après je me rends compte que j’ai encore le film en moi, l’histoire, cet enculé de Tony Montana. Ca m’enivre, j’aimerais venir d’une tess bouillante pour avoir le droit de me prendre pour Tony Montana. Je serais Tony Montana putain, Tony Coulibali, le daron le baron le patron des Africains de ma tess beurs noirs ou marrons. Je serais né dans le caniveau, à Cuba, à La Noé à Chanteloup-les-Vignes, je serais un pur cainf’, un khô du ter ter, un descendant d’esclave, un esclave, un sale nègre. Booba serait mort avec Temps mort, je voudrais faire du chiffre par n’importe quel moyen, j’aurais dans le crâne LIM de Héritiers de la rue à Délinquant, j’aurais un groupe de rap avec deux reufrè, on ferait rien pour le moment mais on casserait bientôt la baraque.

Un soir une baston éclaterait contre des mecs venus d’Achères, on se battrait à coups de barres de fer et de battes sans savoir le motif exact, j’insulterais des putain de blancs, je pèterais des putain de dents, je mettrais pas de putain de gants ; jusqu’à ce que les keufs se pointent, qu’ils essaient d’intervenir, qu’on se retournent contre ces enculés. On brûlerait deux voitures, on se planquerait derrière pour caillasser les poulets sans qu’ils puissent s’approcher. Des CRS débarqueraient et ils nous courseraient, on se planquerait derrière le bâtiment 14 mais Saïd se ferait choper. Après tout je m’en foutrais ce mec aurait toujours été un faible, une petite frappe. Moi je chercherais les gros euros les millions de pesos pour ça j’hésiterais pas à cracher les bastoss, je rapperais avec mes cojoss’. Je ferais un détour pour tréren chez moi, progressivement le bruit des barres de fer sur le béton, des pavés dans les boucliers, des insultes et du feu régulier s’atténuerait, je monterais chez moi, ma reum me demanderait si j’avais participé à l’émeute, je lui assurerais que non, je lui dirais que moi j’étais un khô réglo, que je rappais et que je réussirai, forcément. Mais dans mon seul bloc au moins quinze mecs auraient autant les crocs que moi.

On a vu que les 2/3 de Scarface, faudra que je vois la fin pour prolonger le songe, parce que putain la route est longue de Versailles à La Noé.


(monte le son)

31 oct. 2007

Représente le bruit et l'odeur


J’ai fait un rêfe cette nuit. J’avais des boutons plein la gueule. Je portais des Nike requin, un blue jeans avec tout près de la poque droite, trois signes chinois brodés en rouge, voulant dire « Made in China », mais ça je le savais pas. C’était un matin, je m’étais levé plus tôt pour me raser les caveux devant la glace de ma salle de bain. Fini les pics de caveux au gel Vivel Dop fixation extrême. C’était plus bon que pour mon petit frère qui allait au collège Jean Macé, à Lille Sud. J’avais mis Eminem à fond dans ma turne, c’était un gros que je comprenais, ses chansons me parlaient, même si je parlais pas Anglais.

J’étais plus le mec de ma meuf, mais j’étais son chum.
Avant d’aller commencer mon traval à Speed Burger, rue Gambetta, j’étais allé prendre un verre et in neuche eud’ viante avec des amis au Pare-brise, rue Natio (Rue Nationale). Gilles avait le cafard, sa gerce l’avait laissé sur le bord de la route, elle était parti avec un motard du 62 ; ça nous foutait tous les boules pour sûr, mais allez, fallait pas se laicher abatte. Puis j’étais allé bosser. Oh, moi livreur de hamburgers c’était pas ce que je voulais faire toute ma vie ; je voulais faire de la pêque au large d’Ambleteuse. Quitter mon bombers Schott NYC et le kebab Chez Dounia rue de Douai, pour la vareuse et la poiscaille.

J’avais deux potes arabes mais mon père les aimait pas.
Le soir – c’était vendredi- Gilles nous avait tous conduits en Belgique, pour qu’on sorte en boite. Dans la carrette on avait bu des bières Koenigs et des flasques de Whisky. Pour l’occasion j’avais mis une veste de costard acheté chez Jules ; sapé comme un milord. Ma man avant que je parte m’avait pris en photo avec l’appareil numérique. J’avais chauffé une zouz là-bas, elle s’appelait Jeanine. Mais bon on s’était juste roulé des pelles, vu que j’étais quand même maqué. J’avais vomi, Gilles s’était quand même mis une fessée, on était tous rentrés en carrette. J’avais trébuché dans la pendule du salon en rentrant chez moi, mon père s’était réveillé, je lui avais gueulé dessus, il m’avait dit que c’était pitoyable de mener une vie comme la mienne, il m’avait dit qu’il n’était pas fier de moi, qu’il ne savait pas ce qu’il avait raté dans mon éducation. Il s’était mis à braire. Je l’avais traité d’enculé et j’avais claqué ma porte, pour m’affaler sur ma couche sans me laver ni la guiffe ni les dints.


29 oct. 2007

Halloween party @Gimle

















Special congratulations to Ansgar (Germany) for the Clockwork orange costume.

27 oct. 2007

24 oct. 2007

Fini d' rapper dans ma chambre


Désormais on a le temps pour les regrets
Et malgré, nous les choses se font de force ou de gré
Mauvais Oeil, ou la rage des immigrés
Lorsque la police scientifique trace ces 7 lettres à la craie


Back to Denmark. They took my two Ikea pairs of scissors at the airport. Bastards. I wasn't that sad to leave the country-of-the-huge-strikes: bus to the airport because there were no RER. Hmpf, thank God, that’s behind me. I’ve been working four hours at the library; I met Mike and Ansgar in the main street of Roskilde. Yesterday I saw the two steeples of the Roskilde domkirken (cathedral). I smiled, I was at home. My girlfriend comes in a few days. I decided to work seriously for my studies. My Somali neighbour still phones his friends at 4 am and wakes up all the building, you still have to pay for the mayonnaise at the Mac Donald, down the streets the youths are still dressed as Nordic tecktonik dancers, and there’s a party tonight (I don’t remember which reason this time) : "welcome back, I need you right in front of me".